nonymous.fr

Archives 2014

Je hais le bricolage et il me le rend bien

Rédigé par nonymous - - 1 commentaire

L'autre jour, je me décide à fixer des crochets de fixation à vélos que j'avais acheté 7 ans auparavant. Le truc tout bête : mes crochets sont des bouts de métal en forme de S un peu amputé, muni de 2 trous :

crochet

Je choisis l'emplacement idéal : une partie abritée de ma cour, avec un plafond en parpaings :

emplacement

La mission semble à ma portée : 2 crochets = 4 trous = 4 chevilles + 4 vis. En plus, pour une fois, j'ai un peu le droit à l'erreur, car dans une cour on peut se permettre de défigurer un peu le plafond de parpaings bruts, le préjudice esthétique est tolérable.

Problème 1 : les fournitures

Déjà, quelle cheville utiliser ?
Le parpaing, c'est un matériau creux. Mais c'est pas non plus du placo, c'est friable.
C'est pas non plus du béton, c'est creux. Alors on met quoi ? Des chevilles Molly ?

molly(Une cheville molly)

Bof je le sens pas, et pis je n'en ai pas des assez grandes. Enfin si, mais juste 3 dont une sans la vis de 8m qui va avec.
Des chevilles plastiques comme ça peut-être ?

plastique

Mouais, ça me paraît pas mal, mais je n'ai que des petites.

Il y a aussi des chevilles "tubes" comme ça :

tube

Ha oui ça je pense que ça va le faire, la vis va rentrer dedans et écarter le plastique, ça va bien tenir. En plus il me semble avoir déjà vu ça dans du parpaing. Je vais essayer ça. C'est le moment de faire l'inventaire de ce que j'ai à ma disposition.

Pourquoi, bordel, avec les milliers d'allers-retours que j'ai pu faire auparavant chez tous les magasins de bricolage du coin, je ne suis pas foutu d'avoir 4 chevilles et 4 vis identiques et compatibles ? J'ai une boîte remplie de milliards de vis et de chevilles :

boites

Pourquoi, pourquoi, il n'y en pas 4 qui vont ensemble ?
J'entame donc un petit jeu consistant à trouver 4 couples cheville/vis :
- de taille à peu près égale
- assez grosses pour soutenir des vélos
Voilà ok, après quelques minutes de recherche, j'ai mon super échantillon. Totalement hétérogène niveau couleur et longueur, mais je tolère.

Problème 2 : le perçage

Pour mettre mes chevilles il, va falloir percer, ça va de soi.
Il faut donc choisir :

  • un type de forêt
  • une taille de forêt

Le choix le plus raisonnable me semble le forêt à béton. Le béton et le parpaing c'est un peu des cousins non ? C'est des trucs de maçons ces machins là.

Quelle taille ? Je prends une des chevilles, je la mets dans mon tas de forêts et sélectionne celui qui semble avoir à peu près le même diamètre. C'est parti pour l'activité perforation.

Problème 3 : prendre les mesures

Entre le "on va coller les crochets là" et "il faut un trou de 8mm ici et un autre à 38,3mm dans l'axe nord-est", il y a une marge.

Moi j'ai une technique : je pose mon crochet à peu près là où il doit aller, je l'enlève sans quitter des yeux l'endroit du premier trou et hop, je colle ma perceuse au même endroit. Précision chirurgicale.

Problème 4 : percer correctement

Les forêts à béton me font chier :

beton

Ils ont une tête super large avec laquelle on a toutes les chances de rater notre point de perçage si minutieusement calculé. Et ils glissent.
Malgré tout, je lance donc ma perceuse à l'assaut du parpaing, dans un vacarme à réveiller les morts.
Première réaction de l'engin : rebondir, puis déraper pour rattaquer la surface à 2cm de là, non sans laisser une belle tranchée-souvenir :

percer

Putain de merde.

M'en fout, le trou sera là où la machine l'a décidé. Je force comme une brute pour aider au perçage, l'engin hurle, cogne (mode percussion sur On), le forêt couine, le parpaing s'effrite, la maison vibre, et bahm, d'un coup, la perceuse s'enfonce complètement. J'ai atteint la partie creuse. Ça y est, j'ai mon premier trou, bien dégueulasse comme prévu :

trou

Fébrilement, j'enfonce la première cheville dedans. Bien sûr, le trou est trop petit. Si je cogne encore, la cheville va s'écrabouiller et je n'en ai que 4. On déconne pas. J'enfile donc un forêt plus gros et j’élargis le trou comme un goret.

Évidemment, après cette intervention, le trou est juste un peu trop grand. La cheville rentre sans effort et bouge à l'intérieur de son logement. Bah, une fois la vis dedans, ça va gonfler et tenir. Y'a pas de raison.

Je pose donc mon premier crochet, et j'insère la vis, que je serre avec espoir. La cheville tourne avec la vis, bien entendu, puisque le trou est trop grand. Dans une manœuvre d'une habilité flamboyante, je tiens la cheville à l'aide d'une pince (main gauche), tout en vissant (main droite), et ça finit par rentrer.

Problème 5 : ça tiendra jamais

Raah putain ça tient pas, je tire dessus, y a tout qui vient, fait chier.

carny

Bordel de merde.

Problème 6 : trouver une autre solution

J'ai du choisir les mauvaises chevilles, ça m'apprendra. Reprenons à zéro.

Parmi les milliards de chevilles dont je dispose, j'ai ça :

cellulaire

C'est des chevilles pour béton cellulaire. Ça coûte une blinde et je n'ai jamais réussi à les utiliser nulle part. Je n'ai pas la moindre foutue idée de ce que c'est, du béton cellulaire, seulement mes parpaings, non seulement ils sont en béton, mais en plus ça fait comme des cellules.

C'est donc forcément du béton cellulaire. Nickel, je suis sauvé.

J'en sors une, je tape dessus, mais no way , ça rentre pas. Ça ne rentrera jamais dans rien, ce truc, d'ailleurs. Bien sûr, la cheville est foutue. Je viens donc de bousiller une cheville à quasiment 1€ juste pour essayer. En même temps, toutes les précédentes du paquet ont subi le même sort. C'est vraiment de la merde ces chevilles.

Soudain l'idée de génie : entre les parpaings, il y a des traverses, en béton ultra dur :

traverses

Ça au moins c'est pas du matériau creux à la con. C'est du dur, du sérieux. Là dedans, je vais pouvoir coller mes chevilles à béton et ça va tenir sa race. J'empoigne la perceuse, je chausse mon casque antibruit, mes lunettes de protection (parce que ça va saigner) et je démarre le biniou.

C'est une horreur, le bruit est épouvantable, ça gémit, ça tambourine, ça vibre, la maison vacille. Mais rien à faire, impossible de perforer cette saloperie de béton armé. J'insiste comme un bourrin, je sue, je pleure, je souffre, je râle, je hurle. Rien. A peine 2mm :

carny2mm

Fait chier fait chier fait chier. Je pourrai jamais faire un trou dans ce truc.

C'est maintenant une évidence : je n'ai pas le bon matos. Direction Brico-Dépôt, où un mage du bricolage me conseille sans hésitation (avec son assurance énervante de mec qui s'y connaît) un paquet de 30 bonnes grosses chevilles spécial parpaing accompagnées des vis idoines: 4, 95€ (même pas cher).

vendeur

Retour sur le chantier, je regarde d'un air de défi mon plafond amoché. Je tente d'enfoncer ma belle cheville.

Le trou est trop grand.

Si ce n'est que ça, qu'à cela ne tienne, je vais me te trouer un nouveau trou vite fait bien fait un peu plus loin dans mon parpaing que tu m'en diras des nouvelles.

Hop, je décale de quelques cm (pas de mesures, je les emmerde les mesures), et je relance la trouilloteuse de la mort. Vite fait bien fait, mon nouveau trou est des plus réussis. Une merveille. Dans mon élan, j'en fais un deuxième, là où théoriquement on devrait trouver le deuxième trou du crochet.

trous

Les 2 chevilles s'adaptent parfaitement. Du grand art. Je place le crochet, visse la première. Perfection.

J'amène la deuxième vis.

Merde, c'est pas en face du trou :

schema1

Putain de chier.

Pas grave, j'ai une solution :

schema2

Avec ce subtil système de vis en biais, cela ne va que mieux tenir. Et pis merde je vois pas ce que je peux y faire, je vais pas encore tout décaler pour recommencer.

Alors je visse, je serre comme un bœuf, puis j'observe non sans une certaine fierté mon ouvrage enfin abouti.

Le moment est enfin venu du test final : accrocher mon vélo à son crochet.

Je me hâte, attrape le VTT et enfile sa roue sur le support. Miracle ! Ça ne s'arrache pas.
Hé, on me la fait pas à moi, normalement ça aurait du se casser la gueule tout de suite. Suspicieux, je tire un peu sur le vélo...

...

Le crochet se détache alors lentement, sans forcer, les chevilles glissant délicatement hors de leur trou.

Voilà, cette nouvelle tentative de bricolage se solde une nouvelle fois pour moi par un travail de porc, un gâchis de temps, d'argent et de parpaing. Et mes vélos sont toujours rangés en bordel, occupant un maximum de place à un endroit où j'aurais pu mettre plein d'autres trucs en bordel...

La revanche de Jonathan Coeur

Rédigé par nonymous - - aucun commentaire

Voici un texte que j'ai pondu il y a de ça quelques années, et qui occupe stérilement un certain nombre d'octets sur mon disque dur :

La revanche de Jonathan Coeur

C'est globalement nimp.

Mais en le relisant, j'ai honteusement rigolé à mes propres conneries.

Alors j'ai décidé de le publier.

Si ça en fait sourire quelques uns, ça sera déjà une grande satisfaction.

Mon passage de Windows à Linux

Rédigé par nonymous - - 18 commentaires

15 ans déjà...

Linux, ça fait ...15 ans que je le côtoie. 15 ans depuis lesquels j'ai des rapports plutôt conflictuels avec cet individu légèrement têtu. 15 ans que j'ai mes périodes Linux : ça me prend comme ça, "tiens, j'essaierais bien Linux".

Et 15 ans que ça se termine mal, généralement dans la colère et la frustation, face à un écran noir de terminal m'indiquant que ma n-ième tentative de recompilation du noyau pour faire fonctionner je ne sais quelle sombre version de driver indispensable à ma carte réseau ésotérique ou mon port usb-que-je-suis-le-seul-au-monde-à-posséder a lamentablement échoué parce que le module machin n'est pas installé mais que je ne pourrai pas l'installer sans la bibliothèque bidule qui n'est pas compatible avec la version truc du fichier d'en-têtes du cyclotron pour Debian abandonné par SuSe et bientôt disponible sur RedHat.

La bidouille sous Linux, ça me connaît. Ça ne fait pas de moi un spécialiste de la chose. Difficile d'imaginer le nombre d'heures que j'ai pu passer sur les forums à la recherche de la solution précise à mon problème à moi, sans jamais réellement trouver. Combien de tutos suivis, à enchaîner aveuglément les apt-get-install, les tar -xvf, et autres vi /etc/X11/xorg.conf pour arriver inexorablement à une situation de blocage total. C'est généralement à ce moment que l'euphorie du "Hey les gars j'ai l'impression que ça marche nickel !" fait place à un sentiment d'impuissance indescriptible, conduisant irrémédiablement à une réinstallation de Windows.

Loin de moi l'idée de critiquer Linux ni sa communauté. Au contraire, j'ai toujours été passionné, enthousiasmé par l'idée de cet OS, et impatient d'arriver un jour à l'utiliser confortablement. J'éprouve une réelle admiration pour tous ces malades qui pondent avec amour dans leur cuisine des bouts de code qui mis bout à bout font tourner un ordinateur. Mais force est de constater que jusqu'il y a peu, utiliser Linux au quotidien sur ma machine perso n'était pas à ma portée. La faute certainement à un manque de temps, de patience, d'acharnement de ma part. Peut-être un tout petit peu aussi à un manque de maturité du logiciel, fort pardonnable vue l'immensité de la tâche (et j'ai une vague idée de la chose, je suis moi-même développeur).

Et pourtant l'idée de quitter pour de bon Windows, au moins sur mon PC perso, ne m'a jamais quitté. Pour plein de raisons : curiosité technique, défi personnel, ras-le-bol de l'enfermement progressif dans le monde Microsoft, ras-le-bol de Windows Update, ras-le-bol de l'antivirus, ras-le-bol de payer, ras-le-bol du choix merdique de logiciels de plus en plus blindés d'adwares, spywares et compagnie. Ça fait beaucoup de ras-le-bol en fait.

Et puis un beau jour

Ma crise de Linux me reprenant, au cours d'une séance de glandouille veille technologique, je tombe sur quelques articles signalant la sortie de Linux Mint 16. Hop, une petite VM VirtualBox, je démarre une version live de la distrib, et l'euphorie habituelle me reprend : "Hey les gars j'ai l'impression que ça marche nickel !".

Sauf que là, ça marche vraiment nickel.

Pour aller plus loin, j'installe la distrib, quelques paramétrages, et je me dis "Bon, cette fois on y est peut-être". Il était temps de faire le point sur mes besoins avant de franchir le pas.

Mes besoins

Avant de formater un disque et virer son OS, il est de bon ton de récapituler la liste des choses qu'on faisait avant, afin de voir si on ne se tire pas une balle dans le pied. Mon nouveau futur OS doit :

  • fonctionner (tout le temps !) sur mon PC portable Samsung R610 vieillissant (je reviendrai sur ma config plus loin)
  • être simple à installer et configurer
  • si possible, être plus rapide à démarrer que Windows et sa palanquée de trucs inutiles au démarrage
  • être ergonomique : je me contrefous des nouvelles modes à la Unity ou Windows 8. Je veux un truc sur lequel je ne passe pas 2 heures à trouver la moindre fonctionnalité de base, planquée par une équipe de designers bidons dans un immonde recoin de l'interface pour faire classe et parce que c'est mieux qu'avant et qu'il faut bien changer sinon à quoi ça sert de sortir une nouvelle version. Le Menu Démarrer, ouais c'est vieux, mais c'est foutrement pratique.
  • accéder à Internet en wi-fi (et accessoirement en filaire)
  • me permettre d'utiliser Microsoft Word et Excel : oui je sais, il y a LibreOffice. Cependant, je ne suis toujours pas convaincu par Write et Calc, et j'ai vraiment besoin d'une compatibilité totale avec les documents générés par Word et Excel, dans les 2 sens (ceci dit, j'utilise LibreOffice Draw tous les jours et j'en suis très content)
  • lire sans problème mes vidéos perso, issues de mon Samsung S2, et puis accessoirement quelques films de vacances glânés ci et là sur le net
  • me permettre de gérer les milliards de photos que je fais de mes enfants, accessoirement traiter les fichiers RAW de mon reflex Nikon D3100
  • partager et accéder à des dossiers en réseau, avec un Mac
  • imprimer en réseau sur une imprimante laser Samsung connectée en usb sur un Mac (ouch !)

C'est à peu près tout. Finalement, je ne suis pas non plus si exigeant : pas de jeu, pas de Skype, pas de développement sous Visual Studio, ...

Microsoft Office : test préliminaire

Dans ma liste, il y a Microsoft Office. C'est ce qui m'inquiète le plus.

Je fouille un peu, j'avais entendu parler de Wine, j'installe donc Wine sur ma VM de test (sans difficulté grâce au bien nommé "Gestionnaire de logiciels"), je monte le CD d'install d'Office 2007, et après quelques clics, me voici avec une version un peu bancale de Word 2007 qui démarre, lentement, sur ma VM. Aucun problème avec mes gros fichiers Word plein d'images, ils sont lus, modifiés, réenregistrés sans casse, tout en restant compatibles avec Word sous Windows. Au passage je note avec satisfaction que l'environnement traditionnel de l'utilisateur Windows est automatiquement simulé et "mappé" sur l'environnement réel de l'utilisateur Linux Mint : le dossier "Mes documents" vu par Word n'est autre que le "Mes documents" du home de l'utilisateur Linux.

Cependant, ça se traîne, c'est mou, bref, je suis mitigé.

En fouillant encore un peu, je découvre l'existence de PlayOnLinux qui est une surcouche de Wine offrant une aide à la configuration de ce dernier pour tout un tas de logiciels Windows. J'installe PlayOnLinux, toujours aussi facilement, je clique sur Installer, je choisis mon Office 2007, ça s'installe, et cette fois ça marche beaucoup mieux. Allez banco, je tente le coup

La config

Mon PC est un Samsung R610 XE2V 5800 acheté en janvier 2009. Composition du bidule :

  • RAM : 3 Go
  • Processeur : Intel Core 2 Duo T5800 2.0 Ghz
  • Vidéo : Nvidia GeForce 9200M GS (256 Mo)
  • Carte wifi : Qualcomm Atheros AR242x / AR542x
  • Contrôleur Intel Corporation 82801I (ICH9 Family)
  • Contrôleur SATA : Intel Corporation 82801IBM/IEM (ICH9M/ICH9M-E)
  • Carte réseau : Marvell Technology Group Ltd. 88E8055 PCI-E Gigabit Ethernet Controller (rev 13)
  • Disque dur SATA 250 Go

Comme je ne suis pas complètement cinglé, et que c'est le Black Friday 2013, je trouve un SSD SANDISK SATA III de 128 Go pour une somme raisonnablement modique, afin de booster mon vieux pèpère. Ça me permet également de conserver mon disque Windows 7, ainsi que mes données.

Par la même occasion, comme ma batterie tient environ 6 minutes 32 secondes à pleine charge, j'en commande une nouvelle de 5200 mAh chez AllBatteries. La livraison est plus lente que prévu (1 semaine), mais la batterie fonctionne bien, même si ce n'est pas un modèle d'origine.

Quelques jours se passent et je suis enfin livré de mon SSD. Quelques jours se passent encore, et je trouve un créneau de 37 minutes disponibles. Parfait, ça devrait suffire pour installer et configurer un OS tout en récupérant les anciennes données.

Installation de base de Linux Mint 16 Cinnamon 64-bit

Choix de la distribution

Dans mon empressement, je ne lis pas la doc. Après coup je me dis que la Linux Mint Xfce aurait été un meilleur choix (mon pc est un peu mou du genou). C'est l'édition Cinnamon 64-bit que je sélectionne. Nous verrons plus loin que ce n'était forcément la meilleure idée.

Création de la clef USB bootable

Avec le logiciel UNetbootin, je crée à partir de Windows et de mon fichier ISO une clef USB bootable contenant l'installation de Mint. Facile, ça prend quelques minutes, le temps de transférer l'OS sur la clef.

Démarrage de l'installation

Je laisse le système partitionner tout seul mon disque SSD, pas envie de faire des choix sur la taille du swap, etc. Par contre, je choisis le chiffrement du disque. Depuis peu, je suis devenu parano du cambriolage : je préfère savoir mon cambrioleur avec un disque dur dont il ne pourra rien faire qu'avec toutes mes données dans les mains. Je prends aussi l'option LVM, sans trop savoir ce que c'est, mais ça a l'air d'être drôlement bien.

Premier redémarrage

Ça commence par un super écran graphique de déverrouillage du disque crypté, puis le système à proprement parler démarre. C'est super rapide, ça fait plaisir. Les réseaux wifi sont détectés, je sélectionne le mien, saisis le mot de passe, et c'est tout, ça marche.

Langue

Le système est en français, mais pas les logiciels. Pour cela :

  • Menu Mint
  • Préférences
  • Prise en charge des langues
  • Un message m'indique que la prise en charge n'est pas complètement installée, je clique sur Installer
  • Une fois cette partie installée, je clique sur "Appliquer à tout le système"
  • Obtenir plus de langues...
  • Je choisis Français
  • La langue n'est pas complètement installée : Installer

Microsoft Office

PlayOnLinux

Fort de mon expérience sur la VM, j'installe PlayOnLinux 4.2.1-1 avec le Gestionnaire de logiciels.

  • Ha. L'install reste bloquée à 61%
  • J'attends
  • J'attends encore un peu
  • Je n'attends plus, dans le menu Mint, l'icône PlayOnLinux existe, je tente le coup : ça démarre
  • PlayOnLinux a besoin de Curl. Pas de problème je l'installe avec le Gestionnaire de logiciels.
  • Je relance PlayOnLinux : il a besoin de 7z.
  • Gestionnaire de logiciels : j'installe P7ZIP full
  • Cette fois, PlayOnLinux démarre sans alerte
  • Office 2007

    Je dispose d'un Office 2007, plus léger que le 2010 que je possède également. Je préfère donc dans un premier temps installer le 2007.

  • J'insère le CD, il se monte automatiquement
  • PlayOnLinux : Installer / Bureautique / Office 2007
  • Dans la liste des sources, il me trouve le CD tout seul, je n'ai qu'à le sélectionner
  • Bug d'affichage du programme d'installation d'Office : les cases à cocher des options d'installation s'affichent mal, on a du mal à savoir ce qu'on sélectionne
  • L'installation se lance, mais au bout d'un certain temps je dois me rendre à l'évidence : mon CD est défectueux.
  • J'annule l'installation, un téléchargement de patch démarre , je l'annule et je boude
  • Office 2010

    Mon Office 2010 est une version éducation. Je n'ai pas de CD, seulement un énorme exécutable compressé...
  • Je commence l'installation avec PlayOnLinux, qui me signale qu'il faut Winbind
  • Ok, direction le gestionnaire de logiciels
  • Problème : du winbind, il y en a une chiée. Lequel choisir ? Je prends winbind tout court.
  • Je lance X16-32010.exe avec Wine : pour l'instant, on n'en est qu'à la décompression du fichier d'installation
  • Il détecte que le fichier en question contient du html et nécessite Gecko, qu'il me propose d'installer, je valide et Gecko s'installe
  • "Somme de contrôle du fichier téléchargé inattendue. Abandon de l'installation du fichier corrompu." Saperlipopette, ça commence mal
  • Je recommence, cette fois ça marche.
  • Le fichier X16-32010.exe a décompressé les fichiers d'installation dans ~/.wine/drive_c/users/monCompteUtilisateur/Temp/OWPf14.tmp (on y retrouve un setup.exe et tout le reste)
  • PlayOnLinux / Installer / Bureautique / Office 2010
  • Il me demande le nom du fichier d'installation, je sélectionne ~/.wine/drive_c/users/monCompteUtilisateur/Temp/OWPf14.tmp/setup.exe
  • L'install nécessite Mono (l'implémentation Linux du framework .Net) : j'accepte, ça s'installe tout seul
  • Une fois l'installation terminée, je saisis la clef d'enregistrement
  • Un msxml quelque chose se télécharge et s'installe
  • Petite erreur pas grave : PlayOnLinux ne trouve pas les exécutables des logiciels que je n'ai pas installés (powerpoint, onenote, outlook...)
  • Test final : Word et Excel démarrent !

    Mise à jour du système

    En bas à droite, une icône "bouclier" m'indique que des mises à jour sont disponibles. Comme il s'agit d'une installation toute fraîche, il y en a pas mal. Je fais confiance et je clique sur "Installer les mises à jour".

    Soudain, une question insidieuse : est-ce que je veux remplacer /etc/gnome/defaults.list par je ne sais quel autre fichier. Je dis non, je conserve l'ancien. Par souci d'hygiène, je reboote la machine, ça démarre encore.

    Pilote vidéo

    Par curiosité, je vais dans "Gestionnaire de pilotes". Le pilote installé est xserver-xorg-video-nouveau 1:1.0.9-2ubuntu1. Dans la liste, il y en a tout un tas d'autres, des Nvidia, dont le dernier, le nvidia-319.32-0ubuntu7, est marqué comme "Recommandé". Je le sélectionne et clique sur "Appliquer les changements".

    C'est un peu long, et une fois terminé, il ne se passe rien. Aucun redémarrage n'est demandé. Je redémarre quand même.

    Bizarre, le magnifique écran de déverrouillage du disque dur chiffré est passé en mode texte. Pas grave, mais dommage quand même.

    Problème : je ne peux plus régler la luminosité de mon écran (voir plus loin).

    TeamViewer

    J'ai besoin de Teamviewer pour prendre le contrôle de mon PC pro sous Windows 7.

    • Le gestionnaire de logiciels ne me le propose pas
    • Sur le site de Teamviewer, je trouve une version Ubuntu Debian 64bits (fichier en .deb)
    • Lorsque Firefox a fini de télécharger le fichier, il me propose de l'ouvrir avec l'installeur de paquets GDebi, qui prend tout en charge magnifiquement
    • Une fois installé, Teamviewer démarre sans souci et j'accède à mon PC pro immédiatement

    Truecrypt

    Je sauvegarde toutes les semaines mes données sur un disque dur externe chiffré avec Truecrypt, jusqu'à maintenant sous Windows. Évidemment, je souhaite réutiliser le même disque, à la fois pour transférer mes données sur mon nouvel OS et pour faire mes futures sauvegardes depuis Linux.

    • Sur internet, je trouve truecrypt-7.1a-linux-x64.tar.gz
    • Après un tar -xvf du fichier, je lance l'exécutable truecrypt-7.1a-setup-x64
    • L'installation se déroule sans problème, je lance Truecrypt et je retrouve quasiment la même interface que sous Windows
    • Je monte mon volume chiffré, ça marche du feu de dieu

    Thunderbird

    J'utilise déjà Thunderbird sous Windows, je n'ai donc théoriquement qu'à récupérer mon profil.

    • Thunderbird est préinstallé, je le lance, puis je quitte aussitôt
    • Dans /home/monCompteUtilisateur/.thunderbird/ je trouve le fichier profiles.ini et un dossier au nom aléatoire dans lequel je reconnais un profil Thunderbird
    • Je supprime ce dossier de profil et j'en crée un nouveau avec un nom plus reconnaissable (le mien)
    • Je recopie à l'intérieur les données de mon profil sauvegardé
    • Je modifie profiles.ini pour le faire pointer sur ce dossier
    • Je démarre Thunderbird : yeeah ça marche du premier coup !
    • Je retrouve tous mes comptes de messagerie
    • Je récupère également mon agenda (stocké chez gmail) sous Lightning, sans même avoir eu à réinstaller Lightning !

    Le pilote vidéo

    Argh quelle galère cette histoire... J'ai le choix entre un pilote xserver-xorg-video-nouveau 1:1.0.9-2ubuntu1 sur lequel j'ai lu des commentaires pas trop élogieux et plein de pilotes Nvidia, dont un recommandé. Le pilote Nvidia doit sûrement être mieux.

    Je vous passerai les détails, car finalement il ne s'agit que d'installs/désinstalls/réinstalls de divers bidules tous plus inefficaces les uns que les autres sur ma config (modification du grub, modification du xorg.conf-celle là m'a fait très peur car des bruits suraigus sortaient de mon écran !-, installation des outils Samsung, écriture dans le fichier /sys/class/backlight/acpi_video0/max_brightness, ...).

    Mais au final, le pilote Nvidia sur ma machine est totalement incapable de gérer la luminosité ('backlight') de mon écran. Les touches de fonction agissent, mais ne changent pas la luminosité.

    Au final, je suis retourné sur le pilote Nouveau, qui finalement n'est pas si mal et ne m'a pas posé plus de problèmes que ça.

    L'impression

    Ah l'impression... Mon ennemie jurée depuis toujours. Je crois que c'est le sujet qui m'a le plus bouffé les nerfs depuis que je bosse dans l'informatique.

    Et bien contrairement à ce que je pensais, c'est ce qui m'a pris le moins de temps, puisque je n'ai eu absolument rien à faire !

    Rappel du contexte : l'imprimante laser Samsung CLX 3180 est branchée en USB sur un MacBook Air de mon réseau. Bien entendu, le Mac partage l'imprimante. Procédure pour imprimer depuis Linux Mint : Fichier / Imprimer. Point. Rien d'autre. Par je ne sais quel miracle, l'imprimante était déjà détectée, installée, configurée sur Mint. Avec le bon driver. Et ça marche, sans hiéroglyphes et sans dégueulage de 4000 pages de codes ASCII.

    Alors, là, permettez-moi de vous rendre un vibrant hommage, les gars de l'impression chez Linux. Je suis chamboulé, ému. C'est du grand art.

    Doutes et remise en question

    Après 1 à 2 semaines d'utilisation, j'ai commencé à trouver ma machine lente. Bizarre, car au début tout roulait. Un peu perfectionniste, j'ai cherché des infos là-dessus, et mes différentes lectures m'ont fait suspecter un trop grand écart entre l'âge de ma machine et les exigences de Cinnamon.

    Test, puis installation de la version Xfce

    Je ne m'avoue pas vaincu, je télécharge une Mint Xfce 16, je prépare une clé USB, je boote. Et là, miracle, c'est encore plus rapide et fluide que la Cinnamon. Enfin non, pas miracle puisque c'est justement la raison d'être de la Xfce.

    Ma précédente expérience d'installation s'étant révélée très facile, je n'hésite pas, je sauvegarde les quelques données perso modifiées, je formate et j'installe une Xfce.

    Vidéo

    J'ai le même choix de pilotes vidéos, je tente une nouvelle fois le Nvidia : le problème de luminosité subsiste. J'abandonne et je retourne sur le Nouveau, qui finalement me va bien, je ne rencontre aucun problème avec, sauf une certaine imperfection à la lecture de vidéos lorsqu'il y a des travellings rapides ou des mouvements importants.

    Microsoft Office : bye

    Je repars dans l'installation d'Office 2010. Je suis la même démarche que sur Cinnamon, et ça se déroule de la même façon. Sauf qu'au final, l'affichage des logiciels Microsoft rame. Vraiment. A un tel point que c'en est inutilisable.

    Entre temps, j'avais réussi à me procurer une install fonctionnelle de la 2007. Je dégage la 2010 et installe la 2007 (qui présente les mêmes bugs d'affichage à l'install que sous Cinnamon).

    Et là, c'est un grand moment de solitude : l'affichage est fortement dégradé, le "Bouton Office" n'apparaît pas, la sélection de caractères n'est pas visible, bref ça déconne.

    Il est temps pour moi de faire un choix : je n'ai pas de temps à passer pour essayer de corriger ces problèmes. Je décide donc d'abandonner définitivement l'idée d'utiliser Office sur mon Linux. Ce sera Libre Office. Ça ne sera pas facile tous les jours, je vais sûrement galérer, il faudra parfois assumer mes choix face au sourire goguenard de ceux qui ne voient pas l'intérêt de perdre du temps avec ces trucs là. Mais c'est fini, j'en ai marre d'installer Office sur mon PC.

    Wine : bye

    Et puis dans mon emballement, je décide également d'abandonner toute tentative d'utiliser des logiciels Windows sur Linux. Je désinstalle donc Wine et PlayOnLinux. Le gestionnaire de logiciels fournit une quantité incroyable de softs, c'est à moi de faire l'effort d'accepter de changer quelques habitudes. Jusqu'à maintenant je ne regrette absolument pas ce choix.

    Choix de logiciels

    Voici une liste des logiciels que j'ai trouvés pour remplir un certain nombre de mes tâches habituelles.

    • Retouche d'images : Gimp (encore faut-il que je me forme à ce truc surpuissant)
    • Compression et redimensionnement d'images par lots : imageMagick (intégré de base), via la ligne de commande mogrify
    • Serveur DLNA pour ma PS3 : PS3 Media Server, très simple à installer et démarrer
    • Client bittorent : Transmission (installé de base)
    • Navigateur web : Firefox (de base), mais aussi Opera, que je trouve extrêmement rapide
    • Messagerie : Thunderbird, installé de base
    • Développement PHP/MySql : le serveur LAMP (Linux Apache MySQL PHP) s'installe "fingers in the nose"
    • Traitement des fichiers RAW de mon Reflex Nikon : Rawtherapee : installation simplissime, fonctionne nickel
    • Chiffrage de fichiers (pour mes sauvegardes sur disque externe) : TrueCrypt
    • Éditeur de texte avancé : Geany

    Conclusions

    Voici maintenant quasiment 1 mois que j'utilise Mint, et j'en suis satisfait à ... disons 95%. Voici une brève revue de ce qui me gène, mais surtout de ce que j'apprécie :

    Points négatifs

    • Le problème du driver Nvidia m'a fait perdre un temps infini. C'est tellement frustrant, une bête histoire de luminosité... J'ai l'intention d'essayer de jouer à Left 4 Dead 2, obtenu gratuitement chez Steam il y a quelques jours, mais j'ai bien peur que sans pilote Nvidia, ce soit impossible. Au final, choisir entre "Pouvoir régler la luminosité" et "Jouer à Left 4 Dead 2" va être un dilemme terrible.
    • L'impossibilité de modifier facilement le menu Mint sous Xfce. Par exemple, j'ai supprimé Wine, mais les entrées dans le menu subsistent. Sujet à approfondir.
    • Pas de Microsoft Office. Oui je sais c'est contradictoire avec les bonnes résolutions que je viens de décrire, mais quand même, j'aurais vraiment apprécié de pouvoir continuer à l'utiliser.

    Points positifs

    • La satisfaction personnelle d'utiliser un OS libre, que dis-je, un environnement complet libre
    • La satisfaction personnelle d'avoir accès au shell Linux, qui est un vrai bonheur
    • L'incroyable diversité des logiciels proposés. J'étais dubitatif à ce sujet, mais finalement, je le confirme : on dispose d'une quantité de logiciels de qualité assez phénoménale. Je cherchais par exemple un éditeur de code avancé, mais pas une usine à gaz comme Netbeans. Je suis tombé rapidement sur Geany : c'est une pure merveille : léger, rapide, fonctionnel.
    • Toujours à propos de la richesse de l'offre logicielle : pas de question à se poser quant aux virus, malwares, adwares, etc. Ici, pas de barres d'outils Ask, Babylon, et autres cochonneries immondes du monde Windows
    • Pas besoin d'antivirus, qui ralentit la machine et passe son temps à nous alerter qu'il fait des trucs, ce dont on se fout éperdument.
    • Impression réseau sur une imprimante partagée par un Mac : je n'ai rien eu à faire !
    • La légèreté de l'ensemble : on sent vraiment que c'est optimisé, ça ne rame quasiment jamais, c'est super réactif, il n'y a pas de fioritures. OK, le SSD est sûrement pour quelque chose dans cette impression de vitesse, mais quand même, ça sent la légèreté.
    • La "propreté" de l'ensemble, l'environnement Utilisateur. On a vraiment affaire à un OS au service de l'utilisateur

    Bravo les gars.